Dernière nouvelle

  • Les drougs, moi et un verre de lait

    Consigne 35 – Mixer trois textes en un

    Pour cette trente-cinquième consigne, comme l’indique le titre, il me fallait mixer trois textes en un avec pour extrait : un de L’Orange mécanique d’Anthony Burgess, un autre De Sang Froid de Truman Capote, et pour conclure le mélange La route de Cormac McCarthy. Vous imaginez un peu ces trois atmosphères, ces trois styles différents réunis en un seul texte ! Le Korova milkbar de Burgess en fond, les paysages de cow-boy de Capote en décor avec une hallucination tirée du roman de McCarthy. Le résultat est tout bonnement amusant. Pour pimenter le défi, la consigne précisait que nous devions choisir certains mots, certaines expressions…etc dans chacun des textes proposés. Vous pourrez prendre connaissance de mes choix et de mon analyse à la fin de la nouvelle. En attendant ce moment, je vous souhaite une bonne lecture !

    Avec mes trois drougs*, cela faisait bien trois bonnes heures que l’on grattait du bitume montés sur nos Harley. L’horizon en toile de fond, le sable du désert en pleine face, la route nous était offerte. Le vrombissement de nos moteurs affamés résonnait dans cette plaine silencieuse. Moteurs affamés de ces kilomètres qui défilent, ils étaient tels une symphonie harmonieuse, frappant à l’unisson d’un tonnerre de percussion. Ça me démange. J’accélère. La bête rugit. Elle m’excite. C’est que j’en veux plus, beaucoup plus. À ce moment, y-a le petit Teddy qui me fait signe qu’on arrive bientôt. Au loin, qui se dresse aussi gracieusement sur sa butte qu’un putain de temple grec, une oasis dans cette région solitaire : un motel.

  • Attaque mortelle

    Consigne 34 – Modifier des schémas narratifs pour créer de nouvelles histoires

    Pour cette trente-quatrième consigne, j’avais le choix entre reprendre une de mes nouvelles ou réécrire un texte de Jacques Sternberg tiré de ses fameux Contes Glacés avec pour seul tempo « l’horreur ». Mon choix a été vite pris, j’aime les défis, alors me voilà parti sur la réadapation de Les ennemis (le texte est en bas d’article). Vous verrez en lisant cette histoire que j’ai fait une transposition complète, oubliant le petit garçon, l’araignée et la mouche, mais en gardant la chute. Je vous laisse entrer dans ce monde de l’horreur et découvrir cette réadaptation. Bonne lecture !

    Plus que deux combats et après je rentre à la maison. Heureusement que j’ai eu l’idée de voir l’oncle Jerry la semaine dernière pour acquérir ce nouveau combattant : petit et doté d’une forte carrure. Un vrai concentré de violence ! comme dirait tonton. Avec cette bête féroce, je vais pouvoir me remplir les poches vite fait, bien fait. À moi les gonzesses et la vie facile. Je continue de rouler sur la nationale, doucement, guettant des deux côtés de la voie, afin de ne manquer aucune opportunité de combats. C’est qu’à cette heure tardive, ils sont quelques uns, affamés, fatigués, à rôder en bordure de la chaussée. J’essaye d’observer les moindres recoins, mais j’y arrive mal, il fait bien trop sombre. Gardons les yeux sur la route. J’en profite pour monter le son de la radio, car je les entends, encore, il font trop de bruits derrière. J’espère que le combat sera bientôt fini, c’est que cette nuit, je compte lui donner d’autres adversaires à mon petit gars ! Il y a encore de l’entrainement avant de le faire concourir dans une compétition, une vraie, comme celle proche des Everglades* : lucrative et accessible aux débutants.

  • L’emprise du mal

    Consigne 33 – Dépasser les clichés et les genres : des mariages insolites

    Pour cette trente-troisième consigne, le recyclage littéraire était de mise. J’avais au choix reprendre un de mes anciens textes, ou bien une nouvelle d’un auteur dont la chute et le style ne sont pas suffisament « forts » à mes yeux. Me voilà donc parti sur les sentiers de la réécriture, avec pour compagnie une nouvelle que j’avais écrit en première année : Le pacte du sang. Dans une bref analyse (à la fin du texte), j’explique comment j’ai arqué cette version 2.0, où le fantastique régne en maître. Et je place en dernière partie la version originale. Seriez-vous partants de vous laisser conduire par cet événement tragique, d’un frère qui donnera tout pour redonner le sourire à sa jeune sœur ? Je vous invite à prendre place dès maintenant, et découvrir leur histoire !

    Nouvelle version

    Des hurlements me tirent de mon sommeil. Je me lève en sursaut, cherchant à rejoindre immédiatement ma famille. Je descends au rez-de-chaussé. La pièce est plongée dans le noir, cependant j’arrive à discerner recroquevillée dans un coin, une fine silhouette : c’est ma petite sœur. Je m’approche d’elle. 

        — Où sont les parents, Sophia ? lui demandé-je doucement, afin de ne pas l’effrayer.

        — Ils sont… dehors.

        — Je ne sais pas ce qui se passe, mais nous devons les rejoindre.  

  • Les variations d’un pommier en été

    Consigne 32 – Exercices de style : positionnements du narrateur

    Pour cette trente-deuxième consigne, le but était simple, à travers une scène je devais changer le positionnement du narrateur et l’angle d’approche, en écrivant cette histoire en dix versions différentes. Pour le résumé, vous voici plongés en été, sous un pommier à profiter d’une petite sieste, lorsque de la chute d’une pomme, vous vous réveillez, appréciant à la fenêtre de votre maison le spectacle d’une tarte aux pommes dans les mains de votre amour. Je vous laisse découvrir sans plus attendre ces dix approches !

    Changement de narrateur :

    1 – (Narrateur-personnage rapproché)

    Je suis bien là, allongé sous mon arbre, mon chapeau de paille sur le museau, à profiter de la fin d’après-midi. Voluptueusement, la chaleur commence à m’enlacer de sa douceur enivrante, et me délivre peu à peu de ma fatigue. Je ressens mes vieilles articulations s’étirer à mesure que cet état de plaisir s’installe. C’est tellement agréable. Son souffle chaud me porte dans un sommeil exquis à la frontière des rêves. Sous le regard de mon vieux camarade, le pommier, le vent décide de se faufiler jusqu’à moi. Je le sens approcher d’un pas vif et frais de mon havre de paix, mais dans sa ruée, il percute mon ombrage. J’entends un bruit sec. Je sursaute. Je lève mon chapeau et constate qu’une petite pomme rouge est tombée à ma droite.

  • Ne parlez jamais avec des inconnus

    Consigne 31 – Épurer : gérer l’explicite et l’implicite

    Pour cette trente-et-unième consigne, je devais choisir un passage d’un livre et en réduire sa longueur en utilisant ellipse, asyndète, zeugme et autres artifices de l’écrivain. Par conséquent, j’ai opté pour le chapitre 1 du roman de Mikhaïl Boulgakov « Le Maître et Marguerite ». Récit d’une rencontre surprenante entre un inconnu et deux hommes qui débattent de l’impuissance de l’homme face à la vie. Je vous emmène découvrir cette histoire à Moscou en 1930, sur fond de méfiance et de soviétisme. Bonne lecture !

    Réécriture d’un extrait du chapitre 1 du roman de Mikhaïl Boulgakov : Le Maître et Marguerite

        — Excusez-moi, reprend l’inconnu, pour gouverner, vous soutenez qu’il faut avoir un plan précis à la temporalité certaine. Or, je vous le demande, comment l’homme peut-il être en mesure de gouverner, si l’incertitude l’empêche de connaître son lendemain, d’établir un plan sur une quelconque durée ?

    À ce moment, l’inconnu se tourne vers Berlioz :

        — Imaginez, prenons l’exemple où vous gouvernez, la tâche y est simple, avec le temps vous y prenez goût, mais soudain, un sarcome au poumon vous tire de votre hauteur.

  • Plus jamais !

    Consigne 30 – Le ciblage : la relation auteur – lecteur

    Pour cette trentième consigne, à l’inspiration des exercices de style de Raymond Queneau, ce texte qui s’articule autour d’une histoire marquante devait tirer de son impact un ressenti chez le lecteur. Plusieurs intentions étaient disponibles, j’ai opté pour la violence conjugale. Une facette de notre civilisation qui ne cesse d’être perpétuée même dans notre monde moderne… L’histoire est composée de deux passages : un dans les yeux d’un spectateur immobile, et l’autre dans ceux de la victime. Je vous laisse découvrir ce texte, dénonciateur d’une cause longtemps laissée à son sort.

    Aujourd’hui, il rentra plus tôt à la maison. Fatigué de sa journée et agacé par la chaleur, ses nerfs étaient tendus. Un rien ne pouvait l’enflammer, le consumer de sa rage de vivre une vie sans intérêt. Comme à son habitude, il alla à son fauteuil favori s’avachir et se délester de son existence insipide. Télécommande en main, il zappa les chaînes de la télévision une à une, tellement elles se complaisaient dans leur inutilité. 

    – Bah ! j’vais pas regarder cette connerie, j’laisse ça aux écolos, disa-t-il à la vue de la chaîne National Geographic.

  • Zigouilli, un pas vers le monde des grands

    Consigne 29 – L’adaptation : réécrire un texte pour des enfants

    Pour cette vingt-neuvième consigne, il me fallait adapter une nouvelle de Maupassant « Une ruse » à un très jeune public. Nouvelle retraçant le subterfuge d’un médecin qu’en à la proposition de ses « services » à une jeune patiente, réticente du danger de l’infidélité. Car, par le passé celui-là même a tiré d’une mauvaise passe une femme adultère, qui a vu son amant décédé dans le lit conjugal, d’un malaise cardiaque en plein ébat amoureux. Récit complètement amoral, je devais en adapter l’esprit. Par conséquent, vous voici plongés dans une histoire pour enfant, où le mensonge apporte sa dose de danger, surtout la nuit. Découvrirez-vous ce qui se cache dans l’obscurité, lorsque votre cœur est lourd du mensonge ? Préparez-vous !

    Dans une boulangerie de quartier, une petite fille est venue pour acheter sa baguette de pain. Sa maman l’attend à l’extérieur. Elle a l’habitude d’entrer seule, car cela la rend joyeuse d’être grande comme ses parents. Mais aujourd’hui, elle est triste, son gros sourire a disparu. Alors, son ami le boulanger qui a remarqué ce changement de caractère lui demande.

    – Pourquoi tu es triste, Léa ? 

  • Invitation à la liberté

    Consigne 28 – Le resserrement : réécrire le livre de Richard Bach, Jonathan Livingston le Goéland en 4 pages maximum

    Pour cette vingt-huitième consigne, le resserrement était à l’honneur. Je devais réécrire le célèbre livre de Bach avec son Jonathan le goéland qui aspirait à la liberté. Récit des plus envoûtants sur le dépassement de soi et de l’accomplissement personnel. Dans cette version de 4 pages « maximum », bon, je suis plus sur 7 pages, mais après tout l’écriture n’est-ce pas de la générosité ? Je vous compte son histoire, mais à travers mon regard et mes mots. Alors, armez-vous d’écoute, de réléxion, et de patience, car le voyage commence maintenant !

    Il n’y a rien de plus beau que de contempler aux premières lueurs du jour, l’astre du matin apparaissant derrière l’horizon. La lumière, doucement, qui émerge. Ce spectacle du quotidien, un jeune goéland du nom de Jonathan avait eu l’idée d’en apprécier les douceurs. Un frémissement, une légère brise parvient à ses ailes. L’appel du vent le titillait. Sur un rocher planté au bord de la mer, il regarde les membres de son clan qui dormaient encore. Juste quelques battements et je reviens, se dit-il en s’élançant au-dessus de l’onde scintillante. Il vole aussi proche qu’il pouvait s’en approcher, afin de sentir l’écume lui fouetter le bout de son bec.

  • Une évasion burlesque

    Consigne 27 – L’amplification : développer une histoire en plusieurs longueurs

    Pour cette vingt-septième consigne, l’amplification devait me suivre dans le travail de réécriture d’un fait divers issu de « Rumeurs et légendes urbaines » d’Albert Jack. Mon choix a été porté sur « Pot de colle », l’histoire d’un déténu australien qui s’évade grâce à l’efficacité d’une colle extra forte. Il semblerait que cette anedocte soit inspirée d’une ancienne publicité, autrement vous imaginez le désarroi total des fabricants de colle, leur produit serait au même niveau qu’une lime à métaux haha ! Je vous laisse profiter de cette évasion originale qui tend vers le burlesque !

    – Je suis libre !

    Ces trois petits mots ne pouvaient rester plus longtemps sur mes lèvres. Il faut dire, que je les attends depuis de nombreuses années. J’exprime ma joie de tout mon corps, mais en faisant attention de rester discret, car je ne souhaite pas que le chauffeur s’aperçoive de mon départ précipité de cette noble maison, qu’est le centre de détention provisoire de Melbourne. 

  • Révolution illusoire

    Consigne 26 – Ouvrager ses phrases

    Pour cette vingt-sixième consigne, il m’était proposé de réécrire un passage des « Contes glacés » de Sternberg. J’ai choisi l’extrait « Les esclaves », qui illustre la domination invisible des félins sur l’espèce humaine. Tout ce que nous faisons est lié à l’accroissement du bonheur des chats et de leur confort : radiateur, coussin, panier en osier, pêcheurs bretons, moquette et même la radio ; la liste est longue pour exposer les créations humaines qui vont dans ce sens. Alors, je vous présente dans cette réadaptation, un homme, qui dit stop à cette servitude ancrée profondément dans le gène humain. Il n’aspire qu’à un monde libéré de l’emprise féline, mais c’est sans compter sur le chat qui trône fièrement dans son foyer. Parviendra-t-il à renier cette vassalité millénaire ? Vous le découvrirez ci-dessous. Très bonne lecture !

    Au commencement, Dieu créa le chat à son image et créa l’homme uniquement pour le servir. C’était l’ordre des choses. Rien ni personne ne pouvait oser altérer ce commandement divin. Immuablement, la vie n’était qu’une continuité, une source d’une servitude aveuglée, qui nous laissa comme mystère à travers les âges, cette question en suspens. Je me l’étais longuement posé cette question : pourquoi était-ce ainsi ?