• La sfinciuni ou l’art de la création

    Consigne 38 – La nouvelle métaphorique

    Pour cette trente-huitième consigne, je devais composer autour de la source d’inspiration d’un écrivain en appliquant le procédé de la métaphore. Le désir d’écrire, les peurs, l’espoir toutes ces émotions qui traversent l’homme de lettres, je devais les saisir est les inscrire dans une histoire. Me vient alors à ce moment une histoire aux saveurs sicilienne d’un amoureux de la cuisine qui, à ses heures perdues façonne ses textes comme ils confectionnent ses pizza. Je vous la présente sans plus attendre en espérant que vous profiterez de cette escapade sicilienne. Je vous souhaite une bonne lecture !

    Ma che vuoi ! la pâte de la pizza est trop fine. Pourtant, j’ai bien utilisé de la farine de type 00* et les deux cuillerées d’huile d’olive. Ah, miseria ! je pense que j’ai pétri à outrance la pâte. Il faut que je fasse attention à ne pas trop la travailler, sinon j’entends la mama me dire que je la fais à la napolitana et ce n’est pas bon du tout ça, car en Sicile on l’aime bien moelleuse ! Che Dio sia il nostro testimone*. C’est que la base de la pizza, c’est très important, bâclée et c’est le résultat qui est différent. C’est comme le cadre d’un roman, on voit mal une scène tragique se dérouler dans un environnement gai et débordant de couleurs. Bien sûr que non, il faut respecter chaque étape et bien façonner la base, ainsi, le résultat final ne pourra qu’être qu’eccezionale.

  • Un amoureux insolite

    Consigne 37 – La nouvelle portrait ou monodique

    Pour cette trente-septième consigne, l’écriture d’un portrait était à l’honneur. Par les traits physiques à ceux du caractère, je devais façoner un personnage vivant équipé de son histoire, de ses rêves et de ses doutes. Nous serons donc cette fois en Alsace dans le village Eguisheim pour suivre une ravissante jeune femme qui se rend à son marché. J’ai ajouté en plus de tous ces ingrédients une pointe d’humour dont vous m’en direz des nouvelles. Bonne lecture !

    Par un début d’après-midi ensoleillé de septembre, elle sortit de sa maison rue du Rempart Sud du village alsacien d’Eguisheim*. Elle portait comme à son habitude lors d’un climat favorable sa robe estivale : rouge vermillon à petit pois blanc qui suscitait à chaque fois le plaisir de ses voisins masculins. Chaussée de ses sandales spartiates, elle parcourut gracieusement le pavé de son quartier en direction de la place du marché. Baignée de lumière, sa chevelure ondulée de couleur châtain clair resplendissait d’une douce lueur ambrée. Elle aimait passer de temps à autre sa main, enroulant une mèche ou deux autour de son index, lorsqu’elle était songeuse et qu’elle pensait à demain. Lendemains de jours qui se ressemblaient, car elle n’osait jamais quitter son village perdu au milieu des vignes. Elle était ce que nous pouvions appeler : une femme casanière. Mais cela ne l’empêchait pas d’être toujours surprise, heureuse, quand elle se promenait dans les ruelles, saluant ses voisines et profitant de son temps libre. En cette période de fin de chaleur, elle le passait souvent près du ruisseau le Langgraben* en exposant sa peau, douce écorce d’une nuance de doré qui parcourait les formes affinées de son corps envoûtant.