Suspendus aux caprices de la guerre

Consigne 24 – Organiser ses textes : la planification créatrice

Pour cette vingt-quatrième consigne, le sujet de la planification d’écriture était le maître-mot. J’avais au choix la possibilité de reprendre un de mes textes ou écrire un nouveau, j’ai opté pour le premier cas. Me voilà parti sur la réécriture de mon deuxième texte, nommé : « La déchirure », que j’avais publié sur la plate-forme au tout début de ma formation. Il me fallait pour cette fois détailler l’ouvrage et préciser sa construction à travers le cap que je prendrai pour l’histoire, et les épreuves que mon héro subira. J’y ai mêlé également deux ambiances : l’un en Europe, l’autre en Orient, ainsi que deux rythmes différents. À vous de découvrir la suite dans cette version 2.0 d’une séparation entre un soldat et son épouse !

À la lecture de cette consigne j’ai pensé reprendre un de mes textes, celui de la deuxième nouvelle, intitulé : “La déchirure”. Je veux garder l’élément central de l’histoire, un soldat qui part en zone dangereuse, laissant derrière lui sa tendre épouse, mais en ajoutant plus de profondeur.

Dans la première version, je n’étais pas très précis quant à la période visée, pour cette réécriture je la situerai entre 1916 et 1918 en pleine révolte arabe. Ce soldat français qui est officier fera parti de la mission militaire française qui partira pour *Hedjaz pour aider le *chérif de La Mecque, Hussein ben Ali à se révolter contre l’empire Ottoman. Cette situation du départ d’un soldat pour la guerre sera particulièrement accentuée dans cette histoire par le fait qu’il part pour un pays étranger à une époque où les voyages hors-France ne sont pas encore démocratisés. L’inconnu ayant toujours fasciné ou terrifié, je pense me fonder là-dessus.

Ce texte aura deux parties et deux zones géographiques d’action bien distinctes : 

– La première partie (en France) sera vue à travers les yeux du soldat. Elle illustrera cette journée d’un adieu douloureux où son épouse refusera de le laisser partir. Une évolution constante d’un déchirement. La tension se lira dans son regard de femme dont la chaleur laissera place à un profond chagrin. Leur futur ayant été pris, ils seront suspendus aux caprices de ce conflit, dont lui seul saura s’ils se retrouveront à la fin. Je pense insister sur des descriptions marquantes et moins utiliser le dialogue (du moins l’employer seulement pour poser des mots sur l’état de cette déchirure), car je souhaite faire planer une odeur de désolation totale. Bien que je placerai l’épouse au centre de cette partie, je ferai part également des inquiétudes de ce soldat, mais il gardera comme tout militaire le commandement de ses émotions. Avant son départ, il voudra transmettre cette force à son épouse, mais malheureusement elle restera prisonnière de sa tristesse. Le temps de l’imparfait sera principalement utilisé.

– La deuxième partie (au Moyen-Orient) sera différente en tout point de la première. Le soldat ayant fait une promesse d’écrire à son épouse aussi souvent que le temps lui permettra, je vais lui en donner et me concentrer uniquement sur leur correspondance, la forme sera donc celle de la lettre chronologique. Il y racontera sa vie au Moyen-Orient : ses rencontres, cette culture différente, cette cuisine inconnue, ces habitants souriants et malicieux. Il ne parlera jamais de la guerre, mais il glissera toujours à la fin, une pensée tendre pour son aimée. Ses lettres arriveront en France régulièrement, elle les lira avec attention, mais elle ne lui répondra jamais (le lecteur ne le saura pas de manière directe, mais je pense leurs en faire part à travers les suppositions du soldat, il se doutera que son épouse les reçoit, mais que sa tristesse la confine loin du monde des vivants). Cependant, il continuera de lui écrire pour alimenter le résidu de chaleur qui reste en elle, car c’est l’unique chose qu’il puisse faire à plusieurs milliers de kilomètres de son foyer, jusqu’au moment de la rupture où le doute de la mort de son mari viendra la tirer de sa prison. Les temps du présent, du passé et du futur seront employés.

Mes deux personnages principaux seront : le soldat “Léon” et son épouse “Amélie”

Le conflit historique qui a opposé les forces bédouines au Sultanat Ottoman vivra dans le fond de cette histoire et il se fera en parallèle de cette séparation. Léon en parlera dans ses lettres de l’évolution de cette guerre, en omettant à chaque fois les risques qu’il encourt.

Outre l’aspect de la forme qui diffère d’une partie à l’autre, le rythme également en sera différent. Il passera d’une langueur (1ère partie) à la vigueur (2ème partie) que dégage Léon dans sa correspondance pour redonner vie à Amélie.

Je pense écrire trois scènes dans la première partie : 

– Scène 1 : Léon se lève et constate que sa femme n’est pas ses côtés. Une peur le submerge au fond de lui, il ne veut pas partir et la laisser seule.

– Scène 2 : Il se prépare, Amélie n’est toujours pas présente. Il commence à perdre pied tout au long de la matinée et envisage même la désertion, mais son esprit de militaire le rattrape au galop. Il obéira aux ordres de son supérieur, le Lieutenant-Colonel Brémond.

– Scène 3 : Déterminé à mettre ses émotions de côtés pour s’acquitter de sa dette envers le gouvernement français, il s’approche de la porte d’entrée. Son épouse se tient là, en robe de nuit, le teint pâle de l’angoisse et les yeux rougis de l’inquiétude. Le choc a lieu et Léon prend sur lui la tristesse d’Amélie. Il veut qu’elle soit forte même si cela lui fait défaut. Il la quitte en lui promettant de lui écrire.

Et quatre scènes dans la deuxième partie, dont la dernière, la fin de l’histoire :

– Scène 1 : Arrivée à La Mecque, des discussions politiques sont entamées entre anglais, français et Hussein ben Ali concernant sa révolte future. Léon débute sa correspondance, il y dresse le paysage de cette région de la péninsule arabique.

– Scène 2 : Cela fait 1 an que Léon est parti de France. Les combats se sont intensifiés, la coalition s’est lancée dans une campagne d’envergure afin d’attaquer toute les positions ottomanes, dans quelques jours Jérusalem tombera. 

– Scène 3 : La correspondance se raréfie, puis s’arrête brutalement. Amélie a peur que Léon soit mort. De longs mois vont en découler où la crainte et la panique l’habiteront. Elle décide de lui écrire, mais ses lettres restent sans réponses. 

– Scène 4 : L’armistice de Moudros est signée, la guerre du côté de cette partie du monde se termine. Léon a été grièvement blessé dans une attaque. Amélie apprend par l’officier supérieur que son mari n’est pas dans une situation critique et qu’il est en route pour la France. L’heure des retrouvailles a sonné.

Chérif de La Mecque : titre honorifique donné au dirigeant spirituel de la Mecque. 

Hedjaz : région ouest de la péninsule arabique

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