Préface pour un auteur en herbe

Consigne 22 bis – Efforcez-vous de vendre votre texte à des lecteurs

Pour cette vingt-deuxième bis consigne, il me fallait écrire la préface d’un potentiel futur recueil de mes nouvelles durant cette première année d’écriture à l’Esprit Livre. La tâche fut amusante au vu des chemins éclectiques que j’ai pris concernant mes vingt-deux textes haha ! J’ai du trouver un lien parmi toutes ces fenêtres que j’ai ouvertes pour vous. Je vous propose de le découvrir sans tarder dans ce voyage chronologique ! Profitez bien, car ce texte sera le dernier. Il faudra s’armer de patience en attendant fin mars pour découvrir la première consigne de la deuxième année.

Il n’est pas très connu. Il vient d’être publié avec son premier recueil : une chronologie de son parcours d’écrivain en herbe au sein de l’atelier d’écriture d’Esprit Livre.

Il y livre à travers cette compilation de nouvelles d’histoires différentes, mais unies par un style particulier ; celui de vous faire sortir des sentiers littéraires habituels. Il débute avec une histoire autobiographique : l’écho d’un épisode mystérieux du passé. Comme vous l’imaginez, le commencement de ce recueil s’annonce par ses souvenirs. Il en est suivi du témoignage d’un soldat qui part pour la guerre ; et d’une dispute entre un mari et son épouse quant à un petit plaisir contrarié. 

Ce jeune écrivain ne se laisse pas ralentir. Il avance. Apparaît alors le fragment. Il comprend comment des morceaux d’événements peuvent devenir une fois réassemblés : une histoire. Cela le met en confiance. Il s’adonne ensuite à un petit jeu, celui de jouer avec notre langue en écrivant un texte à partir des dix mots choisis de la semaine. Il apprend à construire une intrigue en confrontant les extrêmes, celle d’une aveugle évoluant dans un monde voilé, qui retrouvera la lumière de la vue grâce à une curieuse antiquité. 

Son apprentissage se poursuit. On lui proposera d’écrire à partir d’un texte d’auteur, ce qu’il fait en le réajustant à sa sauce en transformant un des personnages en un chien détestable. Sur son chemin d’écrivain en herbe, il réadaptera un texte de Philippe Delerm au sujet d’une certaine première gorgée. Son style se développe. Il rédige un meurtre au parfum des années folles avec une liste de contraintes sous le regard de son auteure préférée : Agatha Christie. Il est pris d’une envie de justice dans le texte suivant. Il veut lever le voile de l’ignorance en racontant les derniers instants de l’authentique dernier samouraï. Il est fier de l’avoir fait et il repart en selle avec une autre histoire, cette fois sentimentale, parlant d’une femme fatale, d’un businessman et d’un bar niché dans les ruelles de Ginza*. 

Sa maîtrise s’affine. Il écrit ensuite sur son domaine de prédilection : la fantasy. Nous y voyons une sœur maudite par une vile créature des ténèbres, sa seule délivrance est son frère qui sera prêt à tout pour lui redonner son sourire. En restant dans l’imaginaire, ce jeune écrivain poursuit l’apprentissage de l’écriture en donnant naissance au combat d’un groupe d’adolescents, survivants dans un monde où la nuit est devenue fatale. Leur triste sort conclut, il change de décor en passant sur le ton de l’humour. Il revisite pour cela un mythe scandinave : celui du Valhalla. Un guerrier au crépuscule de sa vie se voit refusé l’entrée du lieu tant attendu après de nombreux combats pour cause d’un conflit interne, opposant les valkyries au père des Dieux. 

Son style apparaît. Il ne fait pas dans l’habituel. Dans son texte suivant, il écrit sur une nouvelle dite “Noire”. Il tranche pour le polar et nous plonge directement dans les États-Unis des années 50 avec pour fil conducteur durant la lecture : l’argot à l’inspiration d’Audiard. Il continue toujours plus loin. Sa plume se pose sur le suspens puis sur la science-fiction. Ses lignes voient apparaître le mystère dans l’un, un homme piégé par une prédatrice de la nuit ne discernant plus la réalité de l’illusion ; et dans l’autre, un homme perdu sur une île aux confins d’une galaxie se voit contraint de vivre avec une petite créature, qui ne cesse de répéter les mêmes mots incompréhensibles. 

Il est heureux de ses textes et de leur saveur. Il s’attaque ensuite à l’histoire avec un grand H, car pour cette nouvelle, l’uchronie est à l’honneur. Il l’aborde avec la question : “Et si”. Et si Louis XVII avait vécu, fait perdurer le royaume de France en lui donnant un autre cap, celui de la liberté ? Ce jeune écrivain le pose et en fait une histoire. Au texte suivant, la brièveté est de mise. Une page et pas plus. Naît alors la déclaration d’une entité que chacun possède en mal ou en bien. Il la couche devant tous sur la place publique. Du court, il va y en avoir. La nouvelle qui suit contient seulement six phrases différentes, mais toutes liées autour d’une même bouffée d’ailleurs : Marrakech. Pour les deux derniers textes, il écrit sur un homme prisonnier dans son esprit, n’habitant plus seul son corps ; et une jeune fille qui rêve d’un nouvel ami pour changer la morosité de son quotidien. 

C’est sur ce texte attendrissant au parfum de magie qu’il clôture ce recueil. Vous pourrez constater à travers toutes ces lectures, qu’elles sont uniques et éclectiques. J’ai moi-même eu l’occasion de les lire et relire, chacune à son émotion, son impact ; et je pense que c’est ce dont ce jeune écrivain a voulu transmettre : mon cher et vieil ami. Il vous offre un voyage littéraire sur les mers de l’imaginaire. Je l’écris à travers cette préface. Outre l’admiration que j’ai à son égard, je lui devais, car étant un homme de parole et ayant perdu face à lui lors de notre partie hebdomadaire de shogi*, je reste son obligé face à ce pari que nous avons conclu ensemble : l’écriture de sa préface de son premier recueil de nouvelles. Il ne me reste plus qu’à clôturer cette invitation à la lecture.

Arrivés à cette ligne et si vous n’êtes toujours pas convaincus de cette évasion. Demandez-vous au fond, que vous retient-t-il encore de tourner la première page d’un livre qui appelle votre curiosité à le lire ? La vie n’est-elle pas faite de pages à tourner et d’expériences à vivre ? Je vous laisse méditer sur cette réflexion. 

Ginza : quartier de Tokyo où la nuit s’écoule autour d’un verre.    

Shogi : échec japonais.

4 Comments

  • Sabrina P

    Ahah…

    Alors, on peut le trouver où ce recueil ?

    Perso, je n’avais pas aimé cette consigne, je l’avais fait à reculons… Mais maintenant que j’aimerais sortir mon recueil (pas demain non plus, mais assez rapidement…) j’aurais bien besoin de ton serum d’inspiration préfacienne !

    Belle suite à toi, feu pour la 2ème année ?

    Sabrina

    • Rodolphe

      Bonjour Sabrina !

      Tu ne peux pas le trouver pour l’instant haha ! J’ai besoin d’avancer de quelques pas encore sur ce chemin de l’écriture avant de me lancer dans la publication.

      Je te comprends parfaitement, moi aussi ce n’était pas ma tasse de thé au vu que je trouve cela précoce d’écrire sur une préface, c’est un peu comme mettre la charrue avant les bœufs haha ! Mon sérum d’inspiration préfacienne ? Une pincée de curiosité et deux cuillerées d’observation, pour ma part, mon écriture se nourrit de ces deux facteurs, mais chacun à sa propre source ! Au passage, j’avais bien aimé l’idée que ton recueil soit vu comme une « cure » haha ! J’ai trouvé que c’était une idée originale.

      Oui je suis partant pour la deuxième année ! Merci et belle continuation à toi aussi.

      Rodolphe

    • Rodolphe

      Bonjour Nadine,

      Merci pour ton gentil commentaire ! Exactement, je récidive en deuxième année. Il me faut encore des outils supplémentaires ! haha ! Et toi ? Poursuis-tu ce chemin armée de ta plume ? En tout cas, j’ai été très heureux de parcourir cette première année avec toi et tes histoires touchantes.

      Je te souhaite une bonne journée,

      Rodolphe

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