Superbia

Consigne 19 – Rédigez une nouvelle brève (1 page)

Pour cette dix-neuvième consigne, le court prévalait sur le longueur. Il me fallait pour cela être bref, incisif, afin de faire ressortir l’élément central de cette consigne, la brièveté. J’ai composé un écrit sous forme de devinette pour au mieux m’approcher de cet objectif. Alors je vous le demande lecteurs, parviendriez-vous à découvrir avant la dernière phrase de qui cette déclaration inspirée émane ? Je vous souhaite bonne chance !

Je suis une illusion, un état d’esprit, une forme d’expression, une force cachée, une couronne sur la tête d’un dirigeant. Je vis à travers toute forme de vie, grandissant et mourant avec elle. J’aspire à me multiplier. 

Je suis accroché à la chair. Prisonnier de l’esprit. Habitant dans les confins de la conscience. Il m’arrive de séjourner dans le cœur. J’apparais au bonheur ou au désarroi de mon hôte pour faire rayonner ma splendeur, et supplanter celle des autres.

Je suis un beau parleur. Je prends le contrôle des réflexions. Je guide mes dominés sur des sentiers de dévastation, condamnés à sombrer avec moi. Quand j’en ai fini, il ne reste que des ruines où j’aime contempler, admiratif, le sens de mon existence. 

Je suis l’ombre que personne ne voit, mais je suis présent dès l’aurore, dissimulé par les cris naïfs d’un nourrisson. Je ronge l’âme. J’arrache la dignité. J’extirpe le bon sens pour ne laisser que brouillard, afin de ne faire qu’un avec ce corps, qui sera bientôt le mien. 

Je suis un voyageur. Je n’ai nulle frontière et nulle limite. J’occupe le monde entier. Je parle plusieurs langues. On m’appelle par différents noms. J’ai une multitude de facettes, tantôt haï, tantôt adoré, il y en a même qui me vénèrent. 

Je suis un déclic. Un motif de guerre que les nations utilisent pour détruire. Je brise la raison et morcelle l’intelligence. Je pars toujours victorieux dans mes combats, car par le péché on me baptise et par la vertu on me voit.

Je suis le consolateur des faibles et le vernis des puissants. Je rends les lucides confus et les idiots aveugles. Je précède la chute. Je me nourris du chaos, j’en suis même l’annonciateur, car la finalité de ma vie est d’engloutir l’être humain.

Je suis aussi en toi lecteur, toi qui lis cette proclamation et devine qui suis-je. Sache qu’en contemplant ton reflet, je me cache dans le miroitement de ta beauté. Je demeure dans tes songes et tes désirs, n’attendant qu’un instant, sortir pour me montrer.

Je suis insolent, méprisant. Je ne veux que le malheur et souhaite que l’on rejoigne mes condamnés. Je veux voir mon empreinte sur leurs âmes et déguster les résidus de leurs modesties. Crois-moi, je vais les asservir ainsi que toi, si ce n’est déjà fait.  

Je suis l’éloge de l’arrogance. L’écume de la vanité. Les prémices de la cruauté. Une fleur dans le jardin du mal. Je peux et veux le dire tout haut ; je suis tout puissant, car je peux atteindre et souiller la pureté de l’humilité. 

Je suis le bourreau de la sagesse. Je réside dans la fierté. Je suis un monstre affamé d’innocence humaine et à chaque fois que l’on tombe pour ma cause, un seul mot se glisse sur les lèvres, mon doux et délicieux nom. 

Je suis et toujours le serai, je me nomme Orgueil.

3 Comments

  • Sabrina P

    Je suis très énervée contre toi Rodolphe ! Car je n’ai pas trouvé ! AHAH

    J’ai cherché pourtant, et j’ai relu les phrases. Maintenant que j’ai la réponse, évidemment, tout fait sens.
    Un superbe texte, je l’imaginais à voix haute, en haut d’un château-fort , sous une pluie battante, dans une pénombre inquiétante.

    Bref, tu m’as bien eue, et j’ai vraiment adoré ton appropriation de la consigne, (en fait, j’avais aussi fait une devinette je crois bien !), le champ lexical est bien choisi, et nous transporte jusqu’à la fin, on veut savoir ! Bravo quoi.

    Attention « j’apparais  » et « toi qui lis »
    Belle journée à toi, à quand le texte sur les préjugés ? 🙂

    • Rodolphe

      Haha ! Tu m’envoies attristé ma chère Sabrina… Mais pour ma défense, le plus gros indice je l’avais placé sous les yeux du lecteur dans le titre, après tout, qui mieux que l’orgueil pour titrer sa déclaration par son prénom haha !

      Je te remercie pour tes compliments, cela a été une consigne très amusante à écrire il faut dire ! Oui tu as raison, il me semble que toi aussi tu étais partie sur une devinette. Je trouvais que cela donnait un côté plus intense au texte.

      Merci pour ta lecture et les coquilles !

      Je te souhaite une belle soirée et de très bonnes fêtes de fin d’année !

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