Le pacte du sang

Consigne 12 – Inventer une nouvelle de fantasy

Pour cette douzième consigne, l’intitulé le résume, je devais écrire une nouvelle de fantasy. Pour ce texte, différentes pistes m’étaient proposées allant de la science-fiction à l’heroic fantasy. J’ai préféré me lancer dans une histoire, où le héro se lancera dans une course contre la montre pour sauver sa jeune sœur, qui est atteinte d’une malédiction causée par des ombres maléfiques. Un récit en forme de conte avec une pointe de dark fantasy.

– Pourquoi ?

Ces mots résonnent en moi me serrant le cœur. Mes larmes coulent pendant que je m’échappe en tenant par la main Sophia, ma petite sœur. Notre village est en feu. J’entends le craquement des maisons enflammées de nos voisins, et de nos amis. Les hurlements de souffrance des derniers habitants, s’estompent progressivement au fur et à mesure que nous nous éloignons. Nous ne lançons aucun regard, nous courons sans nous arrêter, loin de cet enfer. 

Personne ne s’y est attendu, ils sont arrivés brusquement, et sont sortis de l’obscurité. Assoiffées de sang humain, des ombres maléfiques se sont attaquées aux villageois. Avant de succomber nos parents nous ont demandé de fuir en les laissant derrière, à la merci de ces prédateurs aux yeux rouges, et aux longues griffes.

L’une d’elles a d’ailleurs griffé Sofia. Dès que nous sommes hors de danger, je m’arrête pour regarder sa blessure.

– Sofia, montre-moi où la créature t’a griffée !

Elle relève la manche droite de sa chemise sans un mot, et laisse apparaître sur sa peau blanchâtre quatre entailles sur le haut de son bras. Je regarde plus attentivement la griffure. Une marque sombre apparaît. 

– Qu’est-ce que c’est ?

Elle ne répond pas. Je prends un instant pour réfléchir. Mes larmes se sont asséchées. Que dois-je faire ? Je n’ai aucune ressource, plus de parents, plus d’amis, et la ville la plus proche se trouve à 5 lieues. Dans son état Sofia n’y arrivera pas, et j’ai peur que cette blessure mystérieuse ne s’infecte. La petite voix fragile de ma sœur m’interpelle.

– Tom…la sorcière…de la forêt.

C’est vrai qu’on lui prête d’étranges pouvoirs, peut-être saura-t-elle la soigner, mais en même temps nous devons retourner au village, nous cacher de ces créatures maléfiques, et entrer dans la forêt. Un plan périlleux, mais je n’ai pas le choix si je ne veux pas la perdre.

– Tu en es sûre que tu veux ça ?

Elle répond d’un signe positif de la tête. Je lui attrape la main, et nous retournons sur nos pas à toute vitesse. Ne laissant pas la tristesse me contrôler, je dois me battre pour ma sœur, la seule famille qui me reste. Ma main la serre davantage à cette pensée. Je sens son regard confiant se poser sur moi. Je ne veux pas la perdre.

Le village est en vue. Nous le contournons afin de ne pas nous faire repérer. Les ombres errent entre les maisons encore en feu, en cherchant les derniers survivants. Leurs cris stridents percent la nuit, elles sont déchaînées. Nous sommes glacés, et nous peinons à trouver notre respiration, à croire que ces abominations aspirent toute la chaleur et l’oxygène présentes. Nous continuons terrorisés en évitant de les fixer. 

– Tom….un….chemin.

Sophia montre du doigt une ouverture dans la forêt.

– Montre-moi encore ta blessure.

Elle relève difficilement sa manche. La marque s’étend jusqu’à sa main, et commence à putréfier sa chair. 

– Je n’y crois pas… Tu as mal ?

Elle pivote lentement sa tête de gauche à droite, avant de s’évanouir, inconsciente. J’essaye de la réveiller. Pas de réponse. Je ne perds pas de temps, je la hisse sur mon dos, et je m’engouffre dans la forêt, à la recherche de la sorcière. La vie de ma sœur en dépend. Je fonce à travers les branches qui occultent le passage. Elles me griffent le visage. J’accélère. Je sens mon cœur s’affaiblir, mais je ne ralentis pas, une force mystérieuse me pousse à avancer. Un croisement. Je tourne à droite. Soudainement, je trébuche sur une souche apparente. Je m’écroule sur mes genoux en encaissant le choc. Je regarde derrière moi, Sophia n’a rien. Je me relève péniblement et continue de courir. C’est au tour de la pluie de s’y mêler. Le grondement de l’orage s’écrase sur la forêt. Le vent s’emporte et bat les arbres violemment. Mes genoux me font souffrir. J’ai froid, mon souffle me brûle, mais je poursuis ma route en boitant. 

Ce cauchemar ne veut pas s’arrêter. 

Une maison qui semble abandonnée apparaît devant nous. Un arbre y est logé en son centre. Je cours vers la porte d’entrée. Je frappe. Aucune réponse. Je frappe à nouveau avec force. Personne. Je saisis la poignée, mais la porte s’ouvre devant une vieille femme, moitié humaine, moitié sylvestre. Son œil droit est manquant. Elle est recouverte de ronces, sa chevelure hirsute est cendrée, et sa peau asséchée ressemble aux écorces des arbres. Son œil restant m’observe. 

– Aidez-nous ! Je vous en prie, m’écrié-je.

Elle ne répond pas, mais s’écarte de la porte. Nous entrons. 

– Où puis-je poser ma sœur ?

La porte se ferme. Elle indique une table accolée au fond de la pièce près de la cheminée, où un breuvage étrange est en train de cuire. Je pose Sophia. La sorcière s’approche. Elle commence à lui retirer sa chemise. La marque sombre s’étire jusqu’à sa poitrine. Elle tire sa longue langue de couleur carmin, et l’appose sur la blessure. Son regard s’assombrit. 

– C’est la fin, articule-t-elle.

Ses mots se plantent dans mon esprit. J’ai peur.

– N’y a-t-il aucun moyen de la sauver ?

Mon cœur se compresse, je sens mon corps s’alourdir. La sorcière se met à réfléchir.

– Il y en a un, mais tu devras remplacer la vie de ta sœur que la mort réclame par une autre.

– Comment ça ?

– Une vie pour une vie.

Elle tire une branche de son corps à l’apparence d’un poignard, et la plante dans la blessure de Sophia. La branche s’obscurcit et fait disparaître la marque. Ma sœur ne se réveille pas. 

– Tu dois la planter dans une jeune fille de l’âge de ta sœur pour transmettre la malédiction, et seulement à ce moment ta sœur sera sauvée.

– Que je tue une fille…

– C’est le seul moyen pour sauver ta sœur, coupe la sorcière.

Je prends l’arme maudite. Mon regard se vide. Mes jambes bougent vers l’entrée. Tuer une jeune innocente pour sauver ce qui me reste dans cette vie. Le choix est à la fois dur et simple. Je ne sais pas. Ma main saisit la poignée. Je me raidis. Je peux faire ça ? Je me retourne sur ma sœur qui ne bouge pas, le visage blême. Je dois le faire absolument. Je me jette dehors en chasse, mon malheur en main, pour faire retrouver à ma sœur son doux sourire.

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