Le prix d’un rêve

Consigne 6 – Construire l’intrigue de vos histoires

Pour cette sixième consigne, je devais m’armer de mon imagination et construire un plan pour une histoire. J’ai d’abord choisis une idée de départ, puis j’ai construit mes personnages principaux, détaillé la chronologie scène par scène, définis les points d’ancrage où j’insisterai le plus, et pour finir j’ai tranché sur la forme que mon texte prendra.

Mon idée de départ est celui d’une jeune femme aveugle qui lors d’une sortie avec sa meilleure amie va se retrouver entraînée chez un antiquaire, où elle retrouvera la vue lorsqu’elle apposera des lunettes de soleil du 19ème siècle sur son nez. J’ai envie d’écrire sur le contraste entre sa vie dépourvue de lumière et le moment où elle retrouvera la vue.

Mes personnages seront au nombre de trois: le personnage principal Camille la jeune aveugle, Marion la meilleure amie, et l’antiquaire. L’époque sera la nôtre, et je pense situer l’action à Lyon. La classe sociale est moyenne supérieure.

Camille : elle avait 8 ans, quand elle a perdu la vue après l’accident tragique, qui a provoqué la mort brutale de ses deux parents. Elle a été élevée par ses grands-parents maternels. C’est grâce à sa grand mère, une femme de caractère et d’un optimisme contagieux qui lui a transmis la force d’aller de l’avant et d’être toujours partante pour de nouvelles expériences. Elle a maintenant 30 ans, elle est mariée et sans enfant.

Elle a rejoint le conservatoire de Lyon en tant qu’enseignante à la section violon. C’est une femme heureuse, comblée dans son couple, dans son entourage et dans son milieu professionnel. Son unique rêve serait d’admirer à nouveau toutes les beautés et les couleurs de la vie.

Marion : elle est la meilleure amie de Camille, elles se sont rencontrées à la fin du lycée. Elle a 30 ans, également mariée et sans enfant. D’un caractère naïf, d’un soupçon d’excentricité et d’une pincée d’espièglerie. Elle est toujours partante pour faire les 400 coups avec Camille. Ce qui les a liées rapidement est l’amour de la musique, spécialement le jazz. Elle joue de la guitare acoustique à ses heures perdues. Son rêve est de vivre de la guitare et de monter un groupe avec sa meilleure amie, Camille.

L’antiquaire : il est âgé d’au moins 60 ans révolus, et d’origine chinoise. Il est charmant, souriant et affable. Il est très soucieux de son apparence et une étincelle énigmatique l’habite. Il sera particulièrement touché par la cécité de Camille.

La chronologie partira de la mise en place du cadre et de l’héroïne, les événements suivront jusqu’à la chute et la décision finale :

Scène 1 : le matin au réveil, désespoir de Camille qui désire tellement voir une nouvelle fois dans sa vie. Un bouquet de fleurs déposé par son mari la veille sur sa table de nuit, lui redonne le moral en dépit de sa frustration de ne pas le voir. Pour clôturer la scène elle part prendre sa douche.

Scène 2 : Camille se prépare quand la sonnette résonne. Sa meilleure amie lui fait une surprise, invitation au restaurant. Elle annule sa journée de travail, et part avec Marion en n’oubliant pas de prendre son chapeau vu qu’une belle journée les attend dehors.

Scène 3 : elles marchent en direction du restaurant quand leurs curiosités les poussent à entrer chez un antiquaire. Un moment de fou rire à deviner l’utilisation des objets du siècle dernier sous le regard amusé de l’antiquaire. À la fin de la scène, Camille essaye une paire de lunettes de soleil. Miracle ! Grâce à elles, elle voit à nouveau.

Scène 4 : Camille et Marion sont surprises, l’antiquaire aussi. Elles demandent des explications qui demeureront sans suite. Elles achètent finalement la paire de lunettes et vont au restaurant toutes excitées. Camille est si captivée par toutes les couleurs, la lumière extérieure, les bâtiments, les gens, le ciel. Elle se rend compte juste devant le restaurant qu’elle a oublié son chapeau en essayant les lunettes. Elle retourne donc seule chez l’antiquaire en profitant de sa vue retrouvée.

Scène 5 et finale : L’antiquaire lui apprend qu’en réalité, il connaît la provenance de ces lunettes. Elles sont les reliques d’une défunte concubine impériale chinoise qui était aveugle. C’était un cadeau de son amant, un puissant sorcier de la cour. En contrepartie, si elle désirait les porter, ces lunettes lui ôteraient la moitié de son espérance de vie, le prix de cette magie. Camille devra faire un choix entre une trentaine d’années en couleur ou le double plongée dans les ténèbres.

Les trois points d’ancrage où je pense insister seront :

Le premier, au début de l’histoire pour faire ressentir au lecteur ce qu’est une vie sans lumière dans les yeux d’une aveugle, afin qu’il se mette à la place de Camille, lorsqu’elle devra faire ce fameux choix.

“Je me lève encore dans ce monde sans lumière. Je ne différencie ni le matin ni le soir, seuls les bips de mon téléphone qui retentissent chaque heure m’indiquent le moment de la journée. Je dois me fier à mes autres sens pour me guider dans la vie. Me redressant du lit,  je sens la douce odeur des pivoines que mon mari m’a déposé la veille sur la table de chevet. Étaient-ils blanc, rose ou rouge ? Je ne saurai pas le dire.”

Le deuxième sera pendant la reprise de la vue. Le voile d’obscurité soulevé, elle tournera sa tête à droite et à gauche comme une enfant curieuse, pour percevoir chaque détail que la vie nous offre.

“La lumière apparut ! Que le monde est vaste ! Le reflet du jour sur les bâtiments m’éblouit légèrement. Je vois les arbres le long de la route, danser au rythme du vent. Les gens fourmillent de partout, se dépêchant ou marchant calmement, le monde est si vivant. Les couleurs, toutes les couleurs sont là : le bleu azur du ciel, le blanc pur des nuages, le vert soutenu de la chevelure des platanes, le jaune et le rouge ocres des vieilles ruelles. Quel spectacle magnifique !”

Et le troisième se situera après que Camille ait eu connaissance du prix de son rêve par l’antiquaire.

“Est-ce que je suis capable de sacrifier la moitié de mes années pour ce rêve ? Ces années futures sans couleurs, mais avec le soutien inconditionnel de mon mari. Et puis n’est-ce pas une décision à prendre à deux ? Affreux dilemme ! Je lui en parlerai ce soir.”

Le choix de la forme sera celui du dialogue en mêlant des descriptions pour confronter le lecteur au handicap de Camille et à son choix cornélien.

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