Entre aspiration et dérive

Consigne 5 – Les mots de la semaine de la langue française

Pour cette cinquième consigne, je devais simplement placer dans ma nouvelle les 10 mots de la semaine de la langue française, en ayant pour thème le « futur ».

Transformer le génome humain, ce n’est peut-être pas pour maintenant mais c’est une source d’excitation pour certains dans la communauté scientifique. Savoir transcender l’être humain. Modifier des gènes altérés ou encore réparer des gènes défaillants, afin que nous devenions une version optimale de nous-mêmes. C’est savoir corriger dès le point de départ, le petit accroc dans le code génétique d’un bébé, qui entraînera plus tard chez lui une maladie grave. C’est également améliorer la résistance aux infections chez les nouveaux nés tel le VIH qui fait déjà des ravages sur notre planète depuis les années 70.

Cet état d’esprit reflète bien la vision pérenne de la société, devenir toujours de plus en plus performant.

Mais face à cet élan d’optimisme, il faut être prudent. Des études faites sur des animaux démontrent que le risque 0 n’existe pas. Les scientifiques ne peuvent pas affirmer avec certitude qu’un quelconque effet secondaire ne subviendra pas après la modification, et que le changement demandé soit atteint.

De plus, les technologies existantes ne permettent pas encore une telle mutation sur des sujets humains. Chez plusieurs groupes : politiciens, philosophes, et religieux, modifier le code génétique d’une personne surtout dès sa naissance va à l’encontre des croyances et des concepts philosophiques moderne de la morale.

L’être humain n’est-il pas défini par ses gènes hérités par ses ancêtres et sa personnalité récoltée durant sa vie ? Nous naissons et nous mourrons en parcourant ce chemin qu’est la vie. Il y a des hauts et des bas, des rires et des pleurs, des accidents et des bonheurs, alors devenir plus parfait nous permettra-t-il d’être plus heureux ?

Certes, je me suis un peu éloigné dans le fil de la discussion mais en revenant au sujet principal, je me pose à voix haute une petite question : Finalement, est-ce bien ou mal de vouloir changer l’essence même de notre humanité pour l’améliorer ?

Dans le cas positif, cela nous permettrait de sauver beaucoup de vies, et de réduire drastiquement la propagation de maladies génétiques éprouvantes et mortelles.

Dans le cas contraire, certaines dérives apparaîtront, comme l’adoration du gène unique. Des parents peu scrupuleux n’hésiteront pas à désirer que leurs enfants portent tel ou tel gène comparé à d’autres moins attractifs. Nous ne sommes pas à l’abri de la course à l’élitisme génétique. La diversité de notre monde sur le plan corporel et intellectuel risque d’en souffrir malheureusement.

Sur ces remarques, je décide de m’hasarder sur les possibles dérives du premier cas par l’ensemble d’un exercice.

Imaginons que le changement génétique devienne possible. L’être humain de demain sera dépourvu d’allergies. Les rhumes et les grippes seront eux aussi proscrits de nos organismes fortifiés par la génétique. Les longs nez et les grands pieds pourraient être bannis des familles du futur, considérés comme plus disgracieux que les petits nez et petits pieds. Ils préféreront définir une taille commune, plus petite que la normale française d’aujourd’hui car l’espérance de vie a démontré qu’elle était meilleure pour les personnes de petites tailles comparée à ceux de grandes statures, comme chez nos amis les animaux. Une organisation éthique, choisie par l’état, définira des critères physiques universels ayant le moins de risque de susciter chez la population des maladies dans le futur. A bannir aussi, les yeux clairs source de maladies propices aux mélanomes oculaires et autres cataractes, et les peaux claires ayant également un risque avéré de cancers cutanés. À cette fin, l’homogénéité de la population prévaudra sur l’individualité physique d’une personne. 

Partant de là, nous commencerons à nous attaquer aux autres composantes de la société. La taille et la forme des vêtements seront identiques pour tout le monde, afin d’éviter le gaspillage de textiles. Il en ira de même pour les chaussures. Et ainsi de suite. C’est d’ailleurs déjà un sujet de préoccupation de notre époque de ne pas dilapider les matières premières de notre très chère planète.

Avec les années, nous n’aspirons plus à un parfum d’ailleurs, notre fonction propre sera de devenir de plus en plus résistants et performants. Nos rêves de liberté ne seront plus compatibles avec nos états d’esprit pathophobique. Inconsciemment, nos capteurs de joies seront diminués, car nous préférons suivre la trace du groupe que notre propre cheminement, bien que l’humain s’est battu durant des générations pour la liberté de l’individu. Il en reste que ce désir de tendre vers un monde sans maladie reste utopique.

En écrivant ces quelques lignes, une image me vient à l’esprit, celui du clair de terre, très représentatif de cet état général, la beauté séduisante d’un reflet d’une lueur d’espoir parmi l’obscurité du hasard.

Mais vouloir tout maîtriser et soustraire le hasard, n’enlèverait-il pas le piment de nos vies ?

Dans cette société qui ne cesse de tout contrôler pour un meilleur rendement, ce clic final sur la modification génétique à encore un long chemin avant qu’il ne devienne réellement possible et accepté. Il faudra que nos descendants tranchent cette question que je me suis posé plus tôt. Les lois et la morale devront s’adapter à ce nouveau monde qui ne tarit pas de changements. En dépit de ce paragraphe assez fataliste sur ce possible futur baigné dans le contrôle et la modification du génome humain, pouvoir interagir avec des gènes déficients avant que la maladie n’apparaisse reste très tentant. Après tout, nous restons tous des humains qui ne veulent pas voir disparaître leurs proches s’il n’y a pas une solution accessible en réserve.

J’en conclue que nous n’avons plus qu’à patienter, et observer comment la génétique évoluera dans ces prochaines années.

En attendant, dans un élan philosophique vous pouvez toujours vous poser cette question, si oui ou non vous serez prêt(e) à accepter que votre enfant subisse un changement de gènes pour le rendre plus résistant à notre monde ?

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