Dernière nouvelle

  • Déroutante apparition

    Consigne 40 – Varier les tonalités de son texte : lyrique, burlesque, dramatique, poétique

    Pour cette quarantième consigne, dans les mêmes motifs voir un approfondissement de la consigne trente-trois, sept textes m’étaient proposés. Consigne oblige, je devais varier le registre de l’un des textes choisi, afin de provoquer une rupture. Je suis parti par conséquent sur Le dragon de Ray Bradbury. Cette histoire nous compte les péripéties de deux chevaliers lors d’une chasse au dragon, jusqu’à la chute très surprenante. J’ai relevé que ce texte mettait l’accent sur l’indéfaillible volonté de ces deux chevaliers, qui les ont poussés à se jeter corps et âme dans leur traque. À cette indéfaillible énergie, j’y ai apporté ma petite touche de variation, alors j’espère que cela vous plaira ! Bonne lecture !

    Un vent froid se leva en cette nuit, déployant sur la lande silencieuse son emprise oppressante. Ce sol laissé à l’abandon ne voyait aucune vie en son sein, excepté au loin, où une lueur chaleureuse projetait des flammes dansantes sur le visage de deux chevaliers affaiblis par les combats. Assis près du foyer, ils se délestaient peu à peu de cette journée fatigante passée à la recherche d’un dragon. 

        — T’as entendu ce bruit ? interpella l’un des chevaliers.

        — Non, je crois que tu te fais des idées, répondit son compagnon.

    Ne prenant pas compte de sa remarque, le premier chevalier se retourna dans tous les sens cherchant le bruit entendu. Le second voyant ça, décida à son tour de prêter attentivement l’oreille, mais il n’entendit rien, hormis le bruissement du vent glacé.

  • Les parasites

    Consigne 39 – Oser le registre comique

    Pour cette trente-neuvième consigne, sur ton de l’humour trois caps m’étaient proposés : l’autodérision, la moquerie d’un tiers, les cabrioles (jeux de mots). Bien naturellement, j’ai penché pour l’autodérision. Je me suis fait un plaisir de dresser pour vous sans détour mon atmosphère d’écrivain. Avec pour histoire, une soirée tranquille : musique et thé, gâchée outrageusement par des énergumènes de passage. Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse la surprise ! Bonne lecture !

    En ce début de soirée, je pris place à mon bureau. Assis confortablement dans mon fauteuil et bien au chaud, je profitai d’une tasse de thé fumante de Lapsang Souchong*. Le concerto pour violoncelle d’Elgar* résonna et une bougie à la vanille de Madagascar se mit à diffuser son effluve délicate. Un instant privilégié au vu du temps de chien qui frappait dehors. Bien que la pluie se jeta avec brutalité contre mes fenêtres, cela ne m’empêcha pas de savourer en toute quiétude les prouesses vibrantes de Jacqueline du Pré*. Son archer virevoltant entre les notes commença à me bercer dans une sérénité sans appel. Je me dis à ce moment précis lorsqu’elle entama son envol d’une expressivité des plus intenses à la fin de la deuxième minute que je devais m’atteler à l’écriture de mon prochain texte. Quand soudain, un être dénué d’un quelconque respect pour la grande Musique se mit à cogner à ma porte dans un excès de sauvagerie. Qui pouvait à cette heure venir me déranger ? D’une profonde lassitude d’être privé de cet instant de paix ; je pris le chemin de la porte d’entrée. Une forme hirsute noyée jusqu’à la moelle me bouscula et pénétra dans mon salon. 

  • La sfinciuni ou l’art de la création

    Consigne 38 – La nouvelle métaphorique

    Pour cette trente-huitième consigne, je devais composer autour de la source d’inspiration d’un écrivain en appliquant le procédé de la métaphore. Le désir d’écrire, les peurs, l’espoir toutes ces émotions qui traversent l’homme de lettres, je devais les saisir est les inscrire dans une histoire. Me vient alors à ce moment une histoire aux saveurs sicilienne d’un amoureux de la cuisine qui, à ses heures perdues façonne ses textes comme ils confectionnent ses pizza. Je vous la présente sans plus attendre en espérant que vous profiterez de cette escapade sicilienne. Je vous souhaite une bonne lecture !

    Ma che vuoi ! la pâte de la pizza est trop fine. Pourtant, j’ai bien utilisé de la farine de type 00* et les deux cuillerées d’huile d’olive. Ah, miseria ! je pense que j’ai pétri à outrance la pâte. Il faut que je fasse attention à ne pas trop la travailler, sinon j’entends la mama me dire que je la fais à la napolitana et ce n’est pas bon du tout ça, car en Sicile on l’aime bien moelleuse ! Che Dio sia il nostro testimone*. C’est que la base de la pizza, c’est très important, bâclée et c’est le résultat qui est différent. C’est comme le cadre d’un roman, on voit mal une scène tragique se dérouler dans un environnement gai et débordant de couleurs. Bien sûr que non, il faut respecter chaque étape et bien façonner la base, ainsi, le résultat final ne pourra qu’être qu’eccezionale.

  • Un amoureux insolite

    Consigne 37 – La nouvelle portrait ou monodique

    Pour cette trente-septième consigne, l’écriture d’un portrait était à l’honneur. Par les traits physiques à ceux du caractère, je devais façoner un personnage vivant équipé de son histoire, de ses rêves et de ses doutes. Nous serons donc cette fois en Alsace dans le village Eguisheim pour suivre une ravissante jeune femme qui se rend à son marché. J’ai ajouté en plus de tous ces ingrédients une pointe d’humour dont vous m’en direz des nouvelles. Bonne lecture !

    Par un début d’après-midi ensoleillé de septembre, elle sortit de sa maison rue du Rempart Sud du village alsacien d’Eguisheim*. Elle portait comme à son habitude lors d’un climat favorable sa robe estivale : rouge vermillon à petit pois blanc qui suscitait à chaque fois le plaisir de ses voisins masculins. Chaussée de ses sandales spartiates, elle parcourut gracieusement le pavé de son quartier en direction de la place du marché. Baignée de lumière, sa chevelure ondulée de couleur châtain clair resplendissait d’une douce lueur ambrée. Elle aimait passer de temps à autre sa main, enroulant une mèche ou deux autour de son index, lorsqu’elle était songeuse et qu’elle pensait à demain. Lendemains de jours qui se ressemblaient, car elle n’osait jamais quitter son village perdu au milieu des vignes. Elle était ce que nous pouvions appeler : une femme casanière. Mais cela ne l’empêchait pas d’être toujours surprise, heureuse, quand elle se promenait dans les ruelles, saluant ses voisines et profitant de son temps libre. En cette période de fin de chaleur, elle le passait souvent près du ruisseau le Langgraben* en exposant sa peau, douce écorce d’une nuance de doré qui parcourait les formes affinées de son corps envoûtant.

  • Une leçon de vie

    Consigne 36 – Écrire à partir d’un texte d’auteur

    Pour cette trente-sixième consigne, nous devions marcher dans les pas de Rudyard Kipling avec son Livre de la jungle. Sur ton d’adaptation, il nous était demandé de nous imprégner de l’histoire à travers plusieurs lectures lentes. Une fois que cela nous était acquis et familier, nous pouvions nous lancer dans l’écriture de notre nouvelle. Vous voilà donc plongés chères lectrices, cher lecteurs en Orient en compagnie d’un père et de sa fille lors d’une partie de chasse en forêt. Je vous laisse découvrir la suite de cette histoire avec la fameuse morale accrochée à la fin : « il en faut peu pour être heureux ». Je vous souhaite une bonne lecture !

    En bordure de la forêt hyrcanienne* au pied de la mer Caspienne, une jeune fille regarde attentivement des empreintes laissées au sol. 

        — Ils ne sont plus très loin, s’adresse-t-elle fièrement à son père qui se tenait derrière elle.

    Elle se relève et tous deux, ils s’enfoncent dans la végétation abondante en suivant le tracé du gibier. Ils se déplacent en silence prêtant attention aux moindres petits bruits. Mais la tâche est ardue, car du sommet des arbres une colonie de tourterelles des bois qui a élu domicile vient les taquiner de leur roucoulement. Concentrée, elle ne quitte pas des yeux les traces de ses proies qui la conduisent sur un sentier surplombant les bords de la mer. Elle se remémore sa promesse, celle qu’elle s’est faite avant de quitter le village : de prouver à son père qu’elle aussi, elle peut marcher dans la voie du chasseur. Lui dévoiler à travers ses quinze printemps passés : sa dextérité à l’arc, son sens de l’observation, sa patience, et lui affirmer qu’elle est en âge dorénavant d’être appelée une adulte.

  • Les drougs, moi et un verre de lait

    Consigne 35 – Mixer trois textes en un

    Pour cette trente-cinquième consigne, comme l’indique le titre, il me fallait mixer trois textes en un avec pour extrait : un de L’Orange mécanique d’Anthony Burgess, un autre De Sang Froid de Truman Capote, et pour conclure le mélange La route de Cormac McCarthy. Vous imaginez un peu ces trois atmosphères, ces trois styles différents réunis en un seul texte ! Le Korova milkbar de Burgess en fond, les paysages de cow-boy de Capote en décor avec une hallucination tirée du roman de McCarthy. Le résultat est tout bonnement amusant. Pour pimenter le défi, la consigne précisait que nous devions choisir certains mots, certaines expressions…etc dans chacun des textes proposés. Vous pourrez prendre connaissance de mes choix et de mon analyse à la fin de la nouvelle. En attendant ce moment, je vous souhaite une bonne lecture !

    Avec mes trois drougs*, cela faisait bien trois bonnes heures que l’on grattait du bitume montés sur nos Harley. L’horizon en toile de fond, le sable du désert en pleine face, la route nous était offerte. Le vrombissement de nos moteurs affamés résonnait dans cette plaine silencieuse. Moteurs affamés de ces kilomètres qui défilent, ils étaient tels une symphonie harmonieuse, frappant à l’unisson d’un tonnerre de percussion. Ça me démange. J’accélère. La bête rugit. Elle m’excite. C’est que j’en veux plus, beaucoup plus. À ce moment, y-a le petit Teddy qui me fait signe qu’on arrive bientôt. Au loin, qui se dresse aussi gracieusement sur sa butte qu’un putain de temple grec, une oasis dans cette région solitaire : un motel.

  • Attaque mortelle

    Consigne 34 – Modifier des schémas narratifs pour créer de nouvelles histoires

    Pour cette trente-quatrième consigne, j’avais le choix entre reprendre une de mes nouvelles ou réécrire un texte de Jacques Sternberg tiré de ses fameux Contes Glacés avec pour seul tempo « l’horreur ». Mon choix a été vite pris, j’aime les défis, alors me voilà parti sur la réadapation de Les ennemis (le texte est en bas d’article). Vous verrez en lisant cette histoire que j’ai fait une transposition complète, oubliant le petit garçon, l’araignée et la mouche, mais en gardant la chute. Je vous laisse entrer dans ce monde de l’horreur et découvrir cette réadaptation. Bonne lecture !

    Plus que deux combats et après je rentre à la maison. Heureusement que j’ai eu l’idée de voir l’oncle Jerry la semaine dernière pour acquérir ce nouveau combattant : petit et doté d’une forte carrure. Un vrai concentré de violence ! comme dirait tonton. Avec cette bête féroce, je vais pouvoir me remplir les poches vite fait, bien fait. À moi les gonzesses et la vie facile. Je continue de rouler sur la nationale, doucement, guettant des deux côtés de la voie, afin de ne manquer aucune opportunité de combats. C’est qu’à cette heure tardive, ils sont quelques uns, affamés, fatigués, à rôder en bordure de la chaussée. J’essaye d’observer les moindres recoins, mais j’y arrive mal, il fait bien trop sombre. Gardons les yeux sur la route. J’en profite pour monter le son de la radio, car je les entends, encore, il font trop de bruits derrière. J’espère que le combat sera bientôt fini, c’est que cette nuit, je compte lui donner d’autres adversaires à mon petit gars ! Il y a encore de l’entrainement avant de le faire concourir dans une compétition, une vraie, comme celle proche des Everglades* : lucrative et accessible aux débutants.

  • L’emprise du mal

    Consigne 33 – Dépasser les clichés et les genres : des mariages insolites

    Pour cette trente-troisième consigne, le recyclage littéraire était de mise. J’avais au choix reprendre un de mes anciens textes, ou bien une nouvelle d’un auteur dont la chute et le style ne sont pas suffisament « forts » à mes yeux. Me voilà donc parti sur les sentiers de la réécriture, avec pour compagnie une nouvelle que j’avais écrit en première année : Le pacte du sang. Dans une bref analyse (à la fin du texte), j’explique comment j’ai arqué cette version 2.0, où le fantastique régne en maître. Et je place en dernière partie la version originale. Seriez-vous partants de vous laisser conduire par cet événement tragique, d’un frère qui donnera tout pour redonner le sourire à sa jeune sœur ? Je vous invite à prendre place dès maintenant, et découvrir leur histoire !

    Nouvelle version

    Des hurlements me tirent de mon sommeil. Je me lève en sursaut, cherchant à rejoindre immédiatement ma famille. Je descends au rez-de-chaussé. La pièce est plongée dans le noir, cependant j’arrive à discerner recroquevillée dans un coin, une fine silhouette : c’est ma petite sœur. Je m’approche d’elle. 

        — Où sont les parents, Sophia ? lui demandé-je doucement, afin de ne pas l’effrayer.

        — Ils sont… dehors.

        — Je ne sais pas ce qui se passe, mais nous devons les rejoindre.  

  • Les variations d’un pommier en été

    Consigne 32 – Exercices de style : positionnements du narrateur

    Pour cette trente-deuxième consigne, le but était simple, à travers une scène je devais changer le positionnements du narrateur et l’angle d’approche, en écrivant cette histoire en dix versions différentes. Pour le résumé, vous voici plongés en été, sous un pommier à profiter d’une petite sieste, lorsque de la chute d’une pomme, vous vous réveillez, appréciant à la fenêtre de votre maison le spectacle d’une tarte au pomme dans les mains de votre amour. Je vous laisse découvrir sans plus attendre ces dix approches !

    Changement de narrateur :

    1 – (Narrateur-personnage rapproché)

    Je suis bien là, allongé sous mon arbre, mon chapeau de paille sur le museau, à profiter de la fin d’après-midi. Voluptueusement, la chaleur commence à m’enlacer de sa douceur enivrante, et me délivre peu à peu de ma fatigue. Je ressens mes vieilles articulations s’étirer à mesure que cet état de plaisir s’installe. C’est tellement agréable. Son souffle chaud me porte dans un sommeil exquis à la frontière des rêves. Sous le regard de mon vieux camarade, le pommier, le vent décide de se faufiler jusqu’à moi. Je le sens approcher d’un pas vif et frais de mon havre de paix, mais dans sa ruée, il percute mon ombrage. J’entends un bruit sec. Je sursaute. Je lève mon chapeau et constate qu’une petite pomme rouge est tombée à ma droite.

  • Ne parlez jamais avec des inconnus

    Consigne 31 – Épurer : gérer l’explicite et l’implicite

    Pour cette trente-et-unième consigne, je devais choisir un passage d’un livre et en réduire sa longueur en utilisant ellipse, asyndète, zeugme et autres artifices de l’écrivain. Par conséquent, j’ai opté pour le chapitre 1 du roman de Mikhaïl Boulgakov « Le Maître et Marguerite ». Récit d’une rencontre surprenante entre un inconnu et deux hommes qui débattent de l’impuissance de l’homme face à la vie. Je vous emmène découvrir cette histoire à Moscou en 1930, sur fond de méfiance et de soviétisme. Bonne lecture !

    Réécriture d’un extrait du chapitre 1 du roman de Mikhaïl Boulgakov : Le Maître et Marguerite

        — Excusez-moi, reprend l’inconnu, pour gouverner, vous soutenez qu’il faut avoir un plan précis à la temporalité certaine. Or, je vous le demande, comment l’homme peut-il être en mesure de gouverner, si l’incertitude l’empêche de connaître son lendemain, d’établir un plan sur une quelconque durée ?

    À ce moment, l’inconnu se tourne vers Berlioz :

        — Imaginez, prenons l’exemple où vous gouvernez, la tâche y est simple, avec le temps vous y prenez goût, mais soudain, un sarcome au poumon vous tire de votre hauteur.

  • Plus jamais !

    Consigne 30 – Le ciblage : la relation auteur – lecteur

    Pour cette trentième consigne, à l’inspiration des exercices de style de Raymond Queneau, ce texte qui s’articule autour d’une histoire marquante devait tirer de son impact un ressenti chez le lecteur. Plusieurs intentions étaient disponibles, j’ai opté pour la violence conjugale. Une facette de notre civilisation qui ne cesse d’être perpétuée même dans notre monde moderne… L’histoire est composée de deux passsages : un dans les yeux d’un spectateur immobile, et l’autre dans ceux de la victime. Je vous laisse découvrir ce texte, dénonciateur d’une cause longtemps laissée à son sort.

    Aujourd’hui, il rentra plus tôt à la maison. Fatigué de sa journée et agacé par la chaleur, ses nerfs étaient tendus. Un rien ne pouvait l’enflammer, le consumer de sa rage de vivre une vie sans intérêt. Comme à son habitude, il alla à son fauteuil favori s’avachir et se délester de son existence insipide. Télécommande en main, il zappa les chaînes de la télévision une à une, tellement elles se complaisaient dans leur inutilité. 

    – Bah ! j’vais pas regarder cette connerie, j’laisse ça aux écolos, disa-t-il à la vue de la chaîne National Geographic.